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Tuesday, 24 November 2015

Kingston University workshop on Fanon & Philosophy

One-day Workshop on Fanon and Philosophy
Kingston University: 20 November 2015
In Goran Hugo Olsson’s recent film essay Concerning Violence: Nine Scenes from the Anti-Imperialist Self-Defence (2014) Lauryn Hill recites the line from Fanon’s Wretched of the Earth that ‘the colonised man is an envious man’. The film largely confirms Sartre’s view in his Preface to Fanon’s last work that the resentment of the colonised is both justified and justifies the violence of anti-colonial resistance. Fanon in short continues to be read in terms of the Hegelian master-slave dialectic and its privileging of the struggle for recognition. But does this do justice to Fanon’s philosophical formation and views? This workshop will explore this issue by returning to Fanon’s Black Skin, White Masks, highlighting its debt to Nietzsche’s Genealogy of Morals and emphasising Fanon’s search for an affirmative anti-colonial philosophy and politics.
Speakers:
  •     John Narayan (University of Warwick)
  •     Matthieu Renault (University of Paris 8)
  •     Shela Sheikh (Goldsmiths, London)
  •     Howard Caygill (CRMEP)
  •     Lucie Mercier (CRMEP)
  •     Peter Hallward (CRMEP)

Thursday, 12 July 2012

Fanon en Afrique du Sud : une autre « géographie de la raison » (recension et "bonnes feuilles")

Matthieu Renault, Contretempts

A propos de Gibson, Fanonian Practices in South Africa. New-York/Scottsville : Palgrave Macmillan/University of KwaZulu-Natal Press, 2011.

            Pratiques fanoniennes en Afrique du Sud, le titre du dernier ouvrage de Nigel Gibson, figure clé des Fanon studies anglophones 1, témoigne à lui seul de la fécondité (internationale) de l’œuvre du psychiatre et théoricien des décolonisations Frantz Fanon depuis sa mort le 5 décembre 1961. Cette fécondité, elle nous a trop longtemps été masquée par l’oubli 2 dans lequel le même Fanon a été plongé en France. Certes, nous ne sommes plus à présent sans connaître le rôle capital qu’ont pu jouer ses écrits dans la fondation des postcolonial studies anglo-américaines, mais l’on ignore encore trop souvent les multiples appropriations théoriques et pratiques dont ils ont pu faire l’objet hors de l’ « Euro-Amérique » : en Amérique latine, en Afrique, en Asie. Che Guevara s’avérait ainsi être un lecteur averti de Fanon — l’on retrouve encore dans sa bibliothèque personnelle à La Havane un exemplaire annoté de Pour la révolution africaine. L’on songera également à Paolo Freire, auteur brésilien de la Pédagogie des opprimés; à Amilcar Cabral, fondateur du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, théoricien de la révolution africaine dont les thèses sur la culture nationale ne peuvent manquer d’évoquer celles de Fanon; à Ali Shariati 3, grande figure de l’islam réformiste, idéologue (selon ses mots) de la révolution iranienne et qui fut profondément marqué par sa rencontre avec Fanon. Cette liste est évidemment très loin d’être exhaustive, mais elle fait déjà comprendre tout l’intérêt qu’il y aurait à retracer rigoureusement tous ces déplacements de la pensée de Fanon. Ce serait là à n’en pas douter une contribution importante à une étude des circulations « sud-sud » des idées qui s’inscrirait elle-même dans la perspective d’une géographie des savoirs en rupture avec la thèse de la suprématie épistémique de l’Europe conçue comme lieu (à la fois origine et centre) par excellence de production de connaissance.