Richard Pithouse nous a parlé la première
fois de Frantz Fanon quand nous avions affaire à des arrestations, après notre
premier barrage routier [en 2005]. Il a dit que Fanon avait écrit que chaque
génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. Fanon a
découvert ce que nous avions découvert au sein de notre génération : si vous
êtes sérieux quant à la victoire, quant à réussir à humaniser le monde, même un
peu, alors votre lutte doit être une politique vivante. Elle doit être détenue
et formée – dans la pensée et dans l’action – par des hommes et des femmes
ordinaires. Si chaque gogo (grand-mère) ne comprend pas votre politique, alors
vous êtes sur la voie d’un autre système hiérarchisé. Vous courez également le
risque de vous retrouver livrés à vous-mêmes face à la répression.